


L'APAER invite M. LOUKINE
COMPTE RENDU DE LA VISITE EFFECTUEE A PARIS
DU 8 AU 13 JUIN 2006 PAR MONSIEUR VLADIMIR LOUKINE
COMMISAIRE DES DROITS DE L’HOMME DE LA FEDERATION DE RUSSIE
Monsieur Vladimir Loukine est venu à Paris à l’invitation de l’APAER (Association de Parents Adoptant en Russie) afin d’évoquer les problèmes, liés à l’adoption, qui peuvent exister tant en France qu’en Russie, mais aussi pour rencontrer les familles adoptantes et leurs enfants.
Plusieurs rendez-
Monsieur Loukine était accompagné par une délégation de quatre membres de la commission des droits de l’homme :
Mme Natalia MIRZA Chef du Secrétariat du Commissaire des Droits de l’Homme
Mme Natalia YAKOVLEVA Directrice du Département du Droit de l’Enfant
M. Gennady MOLCHANOV Gérant adjoint Office du Commissaire des Droits de l’Homme
M .Andrei KOVALEV Conseiller du Commissaire des Droits de l’Homme.
Jeudi 08 juin
18 h – Accueil à Roissy par Monsieur l’Ambassadeur de la Fédération de Russie et
le Président de l’APAER. Installation à l’hôtel Best Western situé près des Champs-
21 h – Réception de bienvenue au restaurant -
Vendredi 09 juin
14 h – A l’Assemblée Nationale : « Adoption France –Russie : Bilans et perspectives »
Avec le concours de Mme Agathe NEDELLEC – Assistante parlementaire de Mme TABAROT, Députée, Présidente du groupe Adoption de l’Assemblée nationale,
Présidente du Conseil Supérieur de l’Adoption,
Table ronde réunissant différents acteurs de l’adoption en France :
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Petit mot de bienvenue et présentation des participants par le Président de l’APAER,
auquel Monsieur Loukine répond, se déclarant très heureux de la tenue de cette table
ronde, saluant la partie française et la remerciant d’emblée pour ce qui est accompli
en France dans le domaine de l’adoption. Il déclare que le problème posé à la Russie
par les enfants orphelins, abandonnés, sans domicile ou fuyant celui-
Il évoque ensuite la situation en Russie où « des populistes, des démagogues » s’opposent
à l’adoption par les étrangers, pensant que cela aggravera la crise démographique
et que cela ne relève pas du patriotisme. Toutefois il s’agit là d’une minorité,
la plupart des gens pensant que si une vie meilleure s’offre à l’étranger il faut
la favoriser mais en la garantissant. Or les meurtres d’enfants adoptés aux Etats-
Présentation de son domaine d’activité par chaque intervenant.
Mme Marie-
Le CSA est une instance consultative, existant depuis le milieu des années 1970, chargée de faire des propositions aux pouvoirs publics et au gouvernement en matière d’adoption nationale et internationale. Ces trois dernières années le CSA a réalisé un grand nombre de travaux concernant l’agrément que les familles françaises doivent demander avant de pouvoir adopter soit un enfant français soit un enfant né à l’étranger de façon à donner aux pays d’origine le plus de garanties possibles quant aux capacités de ces familles à pouvoir accueillir un enfant de Russie ou d’un autre pays ou né en France. La loi du 4 juillet 2005, portant réforme de l’adoption et création de l’Agence Française de l’Adoption, a repris l’ensemble des propositions faites par le CSA.
Autre particularité française en matière d’adoption internationale : une grande partie des adoptants accueillent un enfant par démarche individuelle, sans être accompagnés par une agence (que nous appelons ici OAA – Organisme Agréé pour l’Adoption.) Et nous sommes le seul pays européen où la proportion des adoptions par démarche individuelle est aussi importante. Les familles regrettent cet état de choses car elles préfèreraient être accompagnées dans leur démarche. Le CSA a remis au Ministre de la Famille en 2002, un rapport intitulé « l’accompagnement de l’adoption » et il a également travaillé à la création de l’AFA – Agence Française de l’Adoption – qui est un organisme public qui pourra aider toutes les familles qui le souhaiteront.
Le Législateur français est toujours très sensible à ce que les travailleurs sociaux délivrent un agrément de qualité car à ce moment là les pays d’origine peuvent faire confiance aux familles qui ont satisfait aux évaluations sociales et psychologiques.
Présentation du CNAOP – Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles – Organisme national qui a pour mission de favoriser l’accès aux origines personnelles des pupilles de l’Etat mais aussi de l’ensemble des personnes adoptées.
Mme Marie-
L’Association EFA – Enfance et Famille d’Adoption – fondée il y a plus de 50 ans, est représentée dans chaque département français et fédérée au niveau national. 11.000 familles sont membres d’EFA. Le but est de promouvoir, d’aider l’adoption pour faire en sorte qu’elle soit toujours la plus éthique possible et que l’intérêt des enfants soit pris en compte en tout premier lieu. On cherche « une famille pour un enfant » et jamais « un enfant pour une famille ». EFA est également représentée au CSA et au CNAOP.
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Mme Marie Lazaridis
Présentation du système éducatif français et plus particulièrement des dispositifs mis en place depuis les années 1970 pour l’accueil et la scolarisation des jeunes nouvellement arrivés en France et ne maîtrisant pas notre langue.
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Organisation de la scolarité :
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En conclusion le système éducatif français veut s’articuler sur le nécessaire apprentissage de la langue française mais sans ignorer les acquis, dans leur langue maternelle, avec lesquels se présentent les enfants, ces acquis devant pouvoir être pris en compte.
Mme Hélène Mahéo
Le MASF – Mouvement Adoption Sans Frontière –réunit 14 associations de parents adoptifs organisées par pays d’origine. L’APAER est donc membre de notre mouvement où l’on trouve aussi des associations qui représentent des parents d’enfants nés au Chili, en Colombie, au Brésil, en Haïti, Roumanie, Bulgarie, au Vietnam, Sri Lanka, Mali, à Madagascar, au Maroc, en Algérie. Nos associations sont présentes sur tout le territoire national.
En 2005 le plus grand nombre d’adoptions a été réalisé au Vietnam, en Chine, à Haïti et en Russie.
La force du MASF réside dans la connaissance pointue, qu’ont les associations, du
pays d’origine des enfants, des procédures en vigueur dans ces pays. Cette force
repose aussi sur les principes fondateurs du mouvement qui sont la dénonciation de
toute forme de trafic, la non-
Le MASF est représenté au CSA et entretient des liens réguliers avec les pouvoirs publics. Plusieurs rencontres ont ainsi déjà eu lieu avec l’Agence Française de l’Adoption et l’APAER a entrepris avec eux un certain nombre de démarches quant au travail que va pouvoir effectuer l’Agence sur le territoire russe.
Toutes les associations regroupées au sein du MASF ont vraiment à cœur d’entretenir
des liens réguliers et solides avec les pays qu’elles représentent. Leur existence
est un signe fort, pour les pays d’origine, en matière de suivi des enfants puisque,
les associations entretenant des liens avec ces pays, il y a forcément auprès de
ceux-
Le MASF accompagne aussi les familles quand des circonstances particulières empêchent la concrétisation de l’apparentement et remet en cause l’adoption. Ce renoncement est extrêmement difficile à vivre pour les familles. Le MASF souhaite donc attirer l’attention des autorités de notre pays et du pays d’origine pour, qu’en pareille circonstance, des solutions puissent être aménagées, dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
Mme Sylvie Lachkar
Adoption-
Parmi les actions d’Adoption-
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M. Marc Druesne
L’Union France-
Le credo de l’Union France-
Mais aussi, tout ce qui affecte, blesse et meurtrit l’autre, appelle notre solidarité
empressée. C’est ainsi que les enfants de Beslan et leurs familles ont reçu, de l’Union
et de l’association Bourgogne-
Evocation de quelques actions de l’Union France-
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Monsieur Druesne, dit à nos amis russes son grand intérêt à être là aujourd’hui et formule le vœu « qu’en ces travaux, ou cœur et raison s’exprimeraient communément, l’amitié et le bonheur à notre habitude démontrés, seraient avantageusement grandis. »
Après les présentations des intervenants, après avoir entendu ce qui fait la spécificité et la force de nos réglementations en matière d’adoption mais aussi de tous nos systèmes de suivi post adoption et de protection de l’enfance, il s’ensuit un débat entre la partie russe et la partie française.
Au cours de ce débat, seront développées plus avant certains principes dont quelques-
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D’autre part Monsieur Loukine fera des propositions concrètes qui vont ouvrir des pistes de travail pour un avenir proche :
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Pour conclure Monsieur Loukine se déclare très reconnaissant pour ces discussions riches et fructueuses sur des questions parfois générales et philosophiques mais aussi pratiques et qu’il faudra maintenant mettre en œuvre les propositions d’action qui ont été évoquées.
Monsieur Gavériaux remercie Monsieur Loukine et les membres de la délégation d’avoir écouté avec autant d’intérêt et d’avoir d’ores et déjà ouvert des pistes de travail. Il remercie également les participants qui ont, par leur présence et par d’aussi brillants et riches exposés, assuré le succès de cette table ronde, et enfin Madame Nedellec qui, par sa pugnacité, a fait en sorte que nous puissions disposer d’une aussi belle salle et d’installations qui nous ont permis de travailler sérieusement.
19 h – Entretien à l’AFICG -
Pour l’APAER sont présents Catherine Barraud et Alain Gavériaux.
Comme pour la table ronde, déclarations préliminaires d’usage.
Le docteur Lévy-
Puis il évoque la façon dont sont faites les évaluations psychologiques des candidats à l’agrément en vue d’adoption, soulignant particulièrement les cas qui peuvent être une contre indication totale à la délivrance d’un agrément tels par exemple : une motivation humanitaire, le sentiment que peuvent avoir certains candidats que la venue d’un enfant pourrait participer à régler un problème existant au sein du couple, se laisser déborder émotionnellement, …etc. Ces démonstrations sont destinées à étayer le sérieux avec lequel sont réalisées les évaluations psychologiques en France. Elles s’appuient sur le témoignage de leur pratique professionnelle de pédopsychiatres qui reçoivent les parents postulants à l’adoption d’enfant.
Les docteurs Lévy-
Sont ensuite expliqués les problèmes des enfants vis à vis des adultes, tels que les comportements agressifs ou les comportements de repli, ainsi que les problèmes pouvant survenir entre enfants biologiques et enfants adoptés. Les membres de la délégation russe sont particulièrement attentifs à cette étape de l’exposé et posent beaucoup de questions. Ils souhaitent savoir quel est l’âge moyen des parents adoptifs, et comment les spécialistes français comprennent et évaluent ce qu’ils nomment « l’égoïsme des libertés » de couples qui arrivent tardivement à la paternité et maternité après avoir pris et usé de libertés personnelles qu’un enfant viendra bousculer.
Un large tour d’horizon est ainsi fait par nos hôtes, depuis le moment où les candidats
s’engagent dans leur démarche jusqu’à l’aboutissement de celle-
Enfin le docteur Lévy-
Au terme de cet entretien Monsieur Loukine félicite nos hôtes pour la qualité de leur travail, se déclarant heureux de constater qu’en France beaucoup de choses sont mises en œuvre dans l’intérêt des enfants. Il se dit également convaincu de l’importance qu’il y a à trouver des solutions pour les dossiers actuellement en souffrance afin que les enfants ne soient pas les victimes de cet état de choses.
Samedi 10 juin
14 h – Réception au Centre de Russie pour la science et la culture
Monsieur Igor Shpynov, Directeur du centre culturel de Russie, a aimablement accepté d’organiser pour la venue de Monsieur Loukine la rencontre avec les familles. Etait également présent à cette manifestation le Directeur de Cabinet de Monsieur l’Ambassadeur de la Fédération de Russie en France.
Nous avons pu ainsi réunir une quarantaine d’enfant et leurs parents ainsi que nombre de familles dont les dossiers sont actuellement bloqués (principalement sur la Région d’Irkoutsk), soit environ 200 personnes.
Monsieur Loukine s’est montré particulièrement heureux de rencontrer parents et enfants, apostrophant d’emblée, en français, ces derniers sur le ton de la bonne humeur et de la plaisanterie. Deux familles ont ensuite témoigné de leur adoption réussie. Puis est venu le moment, plus douloureux, où deux autres familles ont exposé à Monsieur Loukine et à l‘ensemble de sa délégation, leur désarroi et leur grande souffrance de voir leurs dossiers bloqués à Irkoutsk depuis plus de deux ans après la présentation d’enfant. Ces témoignages, dignes et poignants, ont bouleversé l’assistance et, nous l’avons bien senti, considérablement ému nos interlocuteurs. Nous faisons actuellement traduire les lettres que nous ont transmises les personnes en attente afin de les envoyer à Monsieur Loukine qui nous a promis de faire examiner chaque dossier par les membres de sa commission. Et d’apporter son aide chaque fois que cela sera possible.
Après la remise des rapports de suivi, des posters et des fleurs par les enfants l’après midi s’est achevé par un goûter au cours duquel chacun a pu discuter à bâtons rompus avec les membres de la délégation.
21 h – Dîner en famille
Sophie Le Marrec, Vice-
La soirée s’est déroulée dans une atmosphère détendue et bon enfant. Si nous avons
porté de nombreux toasts comme le veut la tradition en Russie, nous avons aussi évoqué
des sujets plus sérieux tel que la souffrance des enfants restant en orphelinat,
leurs difficultés de vie et l’aide modeste que les Français tentent de leur apporter
à travers des associations amies comme La Porte d’Or ou l’Union France-
Dimanche 11 juin
Relâche : Pour la délégation, visite des châteaux de la Loire et pour l’APAER, pique-
Lundi 12 juin
9 h – Pour Monsieur Loukine, accompagné d’un diplomate de l’Ambassade, entretien politique au Ministère des Affaires Etrangères
11 h – Agence Française de l’Adoption.
Face à l’ensemble de la délégation conduite par Monsieur Loukine, étaient présents pour l’AFA :
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et pour l’APAER :
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Présentation de l’AFA par Madame de Choiseul
qui rappelle le statut public de l’Agence (Groupement d’Intérêt Public) et souligne que l’AFA constituera une 3ème voie, ayant pour but de sécuriser l’adoption internationale, à côté des OAA et de l’adoption individuelle.
Les responsables de l’AFA se sont rendus en Russie en mai dernier. Le 22 mai, le
principe de l’accréditation de l’AFA par la Russie a été acquis. La préparation du
dossier d’accréditation est en cours et celui-
Madame de Choiseul remercie l’APAER qui aide à tout ce travail de préparation, en particulier aujourd’hui en présentant à l’AFA une délégation aussi importante.
Intervention de M. Loukine
qui remercie Madame de Choiseul pour la présentation de l’AFA – établissement public.
187 000 enfants sont inscrits dans la base de données des enfants adoptables en Russie pour lesquels il faut rechercher une famille. Le processus de l’adoption interne russe évolue très lentement et cet état des choses n’est pas satisfaisant. Aussi nous ne nous opposons pas au bonheur des enfants s’il se trouve à l’étranger. Notre coopération a donc de l’avenir. Mais nous avons le grand regret de constater que dans le plus grand pays qui adopte en Russie, une quinzaine de cas a été dramatique. Certes la France n’est pas responsable, mais l’opinion publique russe ne fait pas la différence entre les USA et la France et, pour cette opinion, le problème réside dans l’adoption par les étrangers. Alors il est vrai qu’en Russie des hommes politiques peu scrupuleux profitent de cette situation.
Mais nous considérons votre travail ici énorme et utile et nous vous exprimons notre reconnaissance pour avoir vu samedi des enfants heureux.
Nous comprenons et partageons les problèmes rencontrés par les familles françaises.
Nous allons essayer de travailler ensemble pour surmonter les obstacles. Une table-
Mme de Choiseul
Les affaires américaines ont jeté l’opprobre sur l’adoption internationale. Notre
démarche en matière d’adoption est totalement différente de celle des Américains.
En France, la démarche d’adoption est très rigoureuse. Les adoptants doivent être
titulaires d’un agrément, ce qui n’existe pas aux Etats-
M. Douffet
Des familles rencontrent des difficultés face aux juges de certaines régions. Il est apparu qu’un certain nombre de juges connaissent mal les structures de l’administration française. Nous appliquons en France une politique de décentralisation avec une centaine de départements et donc une centaine de démarches qui peuvent être différentes au niveau de la forme des documents. Il nous est apparu comme une évidence que si nous pouvions apporter une formation sur les spécificités françaises, cela pourrait faciliter les relations avec les familles.
M. Loukine
La situation est très complexe en Russie. Les juges demandent des conseils, consultent le Ministère de l’Education, les commissaires des Droits de l’Homme locaux. Il faudrait que tous les acteurs puissent être présents à ce colloque juridique, ainsi que le Parquet.
Mme de Choiseul et M. Douffet
Insistent sur l’importance qu’il y a à séparer ce colloque juridique de la table ronde proposée par Monsieur Loukine.
A cette table ronde, Il faudra associer des magistrats, des intervenants des départements, le Ministère des Affaires Etrangères qui se prononce sur les visas. Les exemples pratiques pourraient venir des associations familiales et des OAA.
Après avoir encore évoqué le problème des rapports de suivi manquants, Monsieur Loukine et Madame de Choiseul ferment la séance en se félicitant de la richesse des débats et des projets d’action futurs que cette rencontre a permit d’initier.
La rencontre est suivie d’un déjeuner où chacun peut alors échanger d’une façon plus détendue et moins protocolaire.
17 h – Aide Sociale à l’Enfance du Val de Marne
Nous sommes reçus par Madame Azoulay, responsable du secteur adoption au sein de la Direction de l’enfance et des actions éducatives du Conseil Général du Val de Marne.
Etaient également présents, outre la délégation conduite par Monsieur Loukine, pour le secteur adoption :
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et pour l’APAER :
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Après les paroles de bienvenue d’usage, Madame Azoulay présente l’organisation et le fonctionnement de la Direction de l’enfance et des actions éducatives et plus particulièrement du secteur adoption. Elle détaille ensuite toute la procédure d’agrément en vue d’adoption, depuis la première réunion d’information, jusqu’à la signature de l’agrément par le Président du Conseil général, autorité politique.
Madame Azoulay rappelle qu’une procédure d’agrément dure au minimum neuf mois et qu’elle comporte généralement durant ce temps quatre entretiens avec une assistante sociale et quatre entretiens avec un(e) psychologue. Ces entretiens sont destinés à évaluer les motivations et la capacité à s’investir en tant que parents des candidats à l’adoption. Ils leur permettent aussi de prendre conscience de toutes les spécificités et parfois difficultés liées à l’adoption d’un enfant et donc d’être mieux à même de préparer son arrivée.
Nous expliquons enfin à monsieur Loukine que, sans cet agrément signé par le Président du Conseil Général il est tout à fait impossible à un citoyen français d’adopter que ce soit dans son pays ou à l’étranger. Le Ministère des Affaires étrangères ne délivre de visas qu’aux enfants étrangers dont les parents sont titulaires de l’agrément.
Au terme de l’entretien Monsieur Loukine se déclare impressionné par la rigueur et la qualité du travail effectué par les services sociaux. Il expose l’idée de la table ronde à Moscou et invite Madame Azoulay à y participer le moment venu.
20 h – Dîner offert par Monsieur l’Ambassadeur de la Fédération de Russie en France
Sont conviés, par Monsieur Avdeev, à ce dîner, pour la partie russe :
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et pour l’APAER
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Ce dîner, bien sûr protocolaire, s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse, Monsieur Avdeev soulignant toute l’importance qu’il attache à soutenir notre action et aussi à trouver des solutions aux difficultés rencontrées actuellement par nos concitoyens qui adoptent en Russie.
Monsieur Loukine évoque la richesse des entretiens qui d’ores et déjà ont permis d’imaginer des actions communes futures et redit aussi la plaisir qu’il a eu à rencontrer nos enfants adoptés et leurs familles.
Quant à nous, nous avons insisté sur l’importance que nous attachons à maintenir des liens d’amitiés entre nos deux pays dont l’histoire et la culture sont si proches.
Mardi 13 juin
8 h 30 – Entretien avec Mme Tabarot
Ce petit déjeuner avec Madame Tabarot, Présidente du Conseil Supérieur de l’Adoption, Députée, Présidente du groupe Adoption à l’Assemblée nationale, accompagnée par Monsieur Blardone – attaché parlementaire – clôturera donc la visite de Monsieur Loukine à Paris.
Présent pour l’APAER : Alain Gavériaux
Madame Tabarot se dit heureuse de pouvoir rencontrer Monsieur Loukine et le remercie
d’avoir bien voulu venir en France évoquer les différents problèmes et questions
liés à l’adoption. Elle dit aussi ses regrets de n’avoir pu être présente à la table
ronde vendredi, mais elle a écouté avec un grand intérêt le compte-
Monsieur Loukine souligne l’importance de l’approche émotionnelle et sentimentale qui ressort des rencontres. Il affirme que la Russie nous est reconnaissante de l’aide que nous apportons aux plus faibles en adoptant des enfants dont l’avenir est incertain. Puis il évoque à nouveau les meurtres d’enfants aux Etats Unis et l’ambiance délétère qu’ils ont générée en Russie. Et il affirme vouloir agir pour que son pays trouve les moyens de créer une spécificité française afin que nous soyons moins pénalisés par cette mauvaise ambiance. Cela devra se faire bien sûr en accord avec nos autorités et la table ronde, à nouveau ici évoquée, en serait le premier acte. Evènement auquel il convie aussi Madame Tabarot.
Madame Tabarot évoque le groupe adoption qu’elle préside à l’Assemblée et qui compte 70 députés, ce qui montre bien l’importance que la France accorde au sujet.
Enfin, je parle à Monsieur Loukine du cas combien douloureux de la famille Fonquergne et du petit Andreï. Il se montre consterné par cette histoire et me demande de lui communiquer tous les renseignements utiles afin que les négligences soient sanctionnées et que de telles choses ne se reproduisent pas.
10 h – Départ pour Roissy
Accompagnés par Monsieur le Ministre Conseiller de l’Ambassade de la Fédération de Russie et par le Président de l’APAER.
Dernier verre de l’amitié, avec promesse de nous revoir, en attendant l’heure de l’embarquement.
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Au terme de ces cinq jours passés avec Monsieur Loukine et les membres de sa délégation je suis conforté dans l’idée que ces rencontres n’auront pas été inutiles. Elles nous ont permis d’expliquer et démontrer à nos amis russes la spécificité française en matière d’adoption, le sérieux de l’agrément et les garanties que présentent, grâce à cette procédure, les adoptants individuels français.
Elles ont aussi, je le crois, permis de nous faire un allier en Russie en la personne de Monsieur Loukine qui semble bien décidé à donner des suites à nos entretiens et à trouver les moyens qui permettraient de réserver à la France une place à part dans le paysage de l’adoption en Russie.
Croisons donc tous ensembles les doigts pour que, de ces bonnes résolutions, sortent quelques résultats significatifs.
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Au terme de ce long compte-
Je tiens aussi à remercier chaleureusement toutes celles et tous ceux qui par leur aide et leurs conseils ont permis la réalisation de cette opération et sa réussite.
Et tout d’abord, Monsieur l’Ambassadeur de la fédération de Russie en France qui a soutenu sans réserve notre action et mis à notre disposition les moyens logistiques nécessaires. Les conseils de son Directeur de Cabinet ainsi que de Monsieur le Consul m’ont été précieux et ont permis, entre autres, de pallier ma méconnaissance des usages diplomatiques.
Ensuite mes remerciements iront bien sûr à tous ceux qui, cités dans ce compte-
Merci encore à Monsieur Shpynov, Directeur du Centre de Russie pour la science et la culture, qui, en mettant ses locaux à notre disposition, a permis la réussite de cette belle réunion des familles.
Merci enfin aux membres du Conseil d’Administration qui se sont dévoués pour travailler, parfois dans l’ombre, pour le bénéfice de tous.
Alain Gavériaux
Président APAER
Le 30 juin 2006