


RENCONTRE AVEC L’ENFANT
Réunion d’information organisée par l’APAER le 15 novembre 2008
Les thèmes abordés : LA RENCONTRE
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L'ENVIRONNEMENT DE LA RENCONTRE
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LA RENCONTRE AVEC L’ENFANT :
Comment s’y préparer ?
En France avant le départ :
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NB : les peluches sont à proscrire pour
des raisons d’hygiène.
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Attention : les enfants russes en orphelinat sont moins stimulés que s’ils étaient dans une famille, même si les nounous font tout leur possible ; ils ont donc souvent des retards psychomoteurs par rapport aux enfants que vous aurez pu côtoyer mais ils peuvent aussi avoir développé des compétences spécifiques liées à leur mode de vie (bonne mémorisation des visages, capacité d’adaptation, pratique du pot dès tout petit…).
Les responsables du Ministère (ou du Comité d’adoption) vont vous proposer de rencontrer un ou plusieurs enfant (s) (cela dépend des régions). Préalablement à la rencontre, ils vous liront et montreront les fiches d’informations concernant l’(les) enfant(s). Ces fiches sont le plus souvent sommaires : identité de l’enfant, date de naissance, éventuellement quelques renseignements concernant sa santé ou sa famille d’origine, sachant que ces renseignements peuvent dater ou être obsolètes. La fiche comporte en général une photo qui est le plus souvent ancienne. La tutelle, qui chapeaute l’orphelinat, et la direction de l’orphelinat sont prévenus de votre visite.
Si vous ne partez pas directement rencontrer l’enfant dont on vous a présenté la fiche, vous pourrez acheter un ou deux petits jouets qui correspondront à l’âge de cet enfant (les jouets sont moins chers en Russie).
LA RENCONTRE PROPREMENT DITE A L’ORPHELINAT
La rencontre avec l’enfant peut être organisée dans une salle spéciale dédiée aux
rencontres, dans le bureau de la psychologue, la salle des fêtes de l’orphelinat,
ou bien dans la pièce où vit le groupe d’enfants, mais cela peut être aussi dans
un lieu de passage (couloir), ceci en fonction des possibilités et des pratiques
de l’orphelinat. Cette rencontre peut durer quelques minutes (15 minutes) à beaucoup
plus ; elle est aussi fonction de l’enfant (bébé ou enfant plus âgé) et de l’heure
à laquelle se déroule le rendez-
La rencontre peut se dérouler selon un ordre très variable, qui est différent d’un orphelinat à l’autre : lecture du dossier médical en premier, puis rencontre avec l’enfant, ou rencontre de l’enfant puis lecture du dossier médical. Si vous préférez un ordre par rapport à un autre, vous pouvez l’indiquer à l’interprète avant d’arriver à l’orphelinat, tout en sachant que votre souhait ne sera pas forcément exaucé.
L’enfant, les adoptants et l’interprète seront toujours présents lors de la rencontre. Dans la très grande majorité des cas, une ou deux personnes vont représenter l’orphelinat (médecin, psychologue, directeur de l’orphelinat), parfois une nounou.
Lecture du dossier médical puis rencontre avec l’enfant :
Avantages :
Permet de ne pas être surpris par l’éventuel état de santé de l’enfant.
Permet de se faire un avis avant la rencontre, puis de « tester » l’enfant, par exemple
en lui tendant un objet, en essayant de capter son attention visuelle et auditive,
pour tenter de vérifier le bien-
Inconvénients :
Manque de spontanéité. L’esprit peut être obnubilé par le contenu du dossier médical au détriment d’une vraie relation avec l’enfant. Parfois les adoptants refusent même de voir l’enfant après la lecture d’un dossier médical chargé ; cependant les pathologies inscrites ne sont pas toujours vérifiées. On peut conseiller de laisser une chance à la rencontre et à l’enfant.
Rencontre avec l’enfant puis lecture du dossier médical :
Avantages :
La rencontre est spontanée : pas de regard biaisé sur l’enfant.
Inconvénients :
Les tests pour repérer les déficiences annoncées dans le dossier médical ne pourront être faits ; il faudra attendre de revoir l’enfant.
NB : la lecture du dossier médical et la rencontre avec l’enfant peuvent se faire simultanément (très inconfortable).
Comportement de l’enfant pendant la rencontre :
Généralement, l’enfant est averti de la visite par les nounous ; de plus, il voit régulièrement des enfants partir de l’orphelinat avec des adultes qui sont venus le visiter. Il sait ce que signifient ces visites, l’enjeu qu’elles représentent pour lui.
Il faut être conscient que le stress de l’enfant (même bébé) est encore plus important que le stress des adoptants (cf. conférence du Docteur Chicoine).
L’enfant peut être plus ou moins « en forme » lors de cette rencontre : il a pu être
réveillé pendant la sieste (l’enfant sera peut-
De plus, la rencontre et son bon déroulement sont fortement influencés par le nombre de personnes présentes (médecin, directeur, interprète, nounou, adoptants… qui intimident l’enfant) et le lieu (l’enfant peut ne pas être habitué à la salle prévue pour la rencontre).
Si celle-
Ne pas s’attendre à la rencontre « coup de foudre » qui n’est pas un signe positif.
Au contraire, la crainte de l’enfant vis-
Essayer d’établir un contact avec l’enfant, de capter son regard par des jeux simples.
Pour les petits : tester la motricité : tendre un jouet, voir s’il l’attrape, voir
s’il arrive à pousser une voiture, gonfler des ballons, jouer au ballon (bon test
de motricité), faire des bulles, tenir un crayon, jeux de cache-
Pour les plus grands : proposer plusieurs jeux, miser sur l’attrait de la nouveauté : autocollants, puzzles, ballons, bulles de savon, crayons, peluches.
NB : les enfants n’entrent à l’école qu’à partir de 7 ans ; certains peuvent ne jamais avoir tenu un crayon en main : ne pas faire de comparaison avec un enfant ayant fréquenté la maternelle en France.
A partir de 4/5 ans, si vous prévoyez de faire une seconde visite, vous pouvez demander à l’enfant à quoi il aimerait jouer et ce qu’il souhaiterait que vous lui ameniez.
L’enfant au bout d’un certain temps peut se mettre à pleurer ou montrer des signes d’impatience, il veut retrouver son groupe, ce qui est normal : pour le moment c’est « sa famille ». Il faut laisser du temps pour que la relation s’installe.
Si la rencontre en face à face avec l’enfant est difficile (enfant apeuré, replié
sur lui-
A noter : Les enfants n’ayant vécu qu’en orphelinat ont souvent très peu de contacts
avec des hommes. Ils peuvent donc éprouver une grande crainte vis-
En conclusion, il est important de laisser une chance à l’enfant, à la relation et de voir l’évolution de son comportement entre 2 visites.
Pour aller plus loin : télécharger les comptes rendus des précédentes conférences, en particulier celle du Docteur Chicoine et du Docteur de Monléon ainsi que le n° 3 des Nouvelles de Michka (partie sur la rencontre avec l’enfant)
Le dossier médical :
En France :
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Si ce n’est pas le cas de votre médecin traitant, celui-
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En Russie :
Le dossier médical vous sera entièrement communiqué (toutes les pathologies sont énumérées). La plus grosse difficulté, lors de cette lecture du dossier médical, sera de faire le tri dans les termes médicaux décrits : certains n’ont pas la même signification qu’en France, d’autres ne veulent parfois rien dire.
Essayer d’avoir des éléments sur le déroulement de la grossesse de la mère, son mode de vie, éventuellement les antécédents familiaux s’ils sont connus
Prendre un maximum de notes pour rendre compte au médecin français si besoin, faire des photos de face et de profil de l’enfant, et décrire ce que sait faire l’enfant.
Un enfant qui a une courbe de croissance harmonieuse et régulière est un enfant en bonne santé (même si les chiffres sont dans la moyenne basse). Demander le pourquoi des phases plateaux s’il y en a (ex : prises irrégulières de vitamines). Il est important de questionner sur le retard de l’enfant (les médecins russes savent le chiffrer)
Le risque majeur en Russie est le Syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). L’ensemble
du tableau clinique est décrit dans le compte-
Les problème de peau sont fréquents : eczéma, gale ; mais ceux-
Toutes les sérologies effectuées en Russie sont fiables. Si vous avez quand même des interrogations, récupérer les fiches des tests réalisés (type de test, résultats, interprétation) pour pouvoir les communiquer aux médecins en France.
Il est fréquent que la mère soit séropositive. Dans ce cas, les enfants sont porteurs
des anticorps de la mère et ces anticorps ne sont éliminés qu’à l’âge de 18-
Ne pas oublier qu’un enfant vivant dans un orphelinat n’aura pas le même développement psychomoteur qu’un enfant qui a grandi dans une famille. Il aura forcément des retards (capacités motrices, langage, motricité fine…) qui se rattraperont vite une fois qu’il sera adopté, au besoin avec des aides spécifiques (orthophonie, psychomotricité…) en cas de retards importants.
Le dossier social :
Précautions : Vérifier que le dossier comporte les actes d’abandon signés par la mère et par d’autres membres de la famille biologique
Bien vérifier que le(s) consentement(s) à l’adoption ont été donnés par la mère biologique et par un maximum de membre de la famille (élément rassurant pour le jugement).
Récolter le maximum d’informations sur la famille russe de l’enfant pour être en capacité de répondre à ses questions quand il sera plus grand (circonstances de la naissance, rang de naissance, âge des éventuels frères et sœurs…).
Le secret de l’adoption en Russie : la famille d’origine russe n’a pas accès aux informations concernant la famille adoptive. Par contre la famille française a accès aux informations sur la famille d’origine.
Vous pouvez demander si des photos avec l’enfant ont été prises à l’occasion de fêtes ou anniversaires et les récupérer.
Remarque :
Un enfant proposé à l’adoption internationale peut être adopté par une famille russe ou placé dans une famille d’accueil : l’adoption nationale reste prioritaire jusqu’à la veille du jugement d’adoption prononcé au bénéfice des adoptants étrangers.
De même, la famille d’origine de l’enfant peut revenir sur sa décision jusqu’à l’expiration du délai d’appel du jugement (10 jours).
L'ENVIRONNEMENT DE LA RENCONTRE
La vie dans les orphelinats :
S’imprégner de la culture russe avant de partir (pays qui a traversé de multiples guerres, conditions de vie dures et différentes/France ; les orphelinats ont toujours fait partie du paysage russe.
Se préparer à voir des orphelinats de différente condition, et parfois, en situation de grande pauvreté, lorsqu’ils ne peuvent bénéficier de mécénat. Bâtiments vétustes, surchauffés ou en courant d’air. Durant la période communiste les orphelinats avaient davantage de moyens financiers.
Création des banques de données en 2000/2001. Actuellement, la Russie compte 180 000 enfants adoptables pour 13 000 adoptions réalisées au total par an.
L’alimentation :
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Les enfants développent rapidement une autonomie concernant la propreté, ou le fait de s’habiller ou de manger seuls. Mais une fois adoptés, ils peuvent aussi « régresser » et retrouver le plaisir de se faire nourrir par exemple.
Le personnel de l’orphelinat est souvent en sous effectif, il fait ce qu’il peut en fonction des moyens alloués.
Une fois l’adoption réalisée, il est vivement conseillé d’envoyer un exemplaire des rapports de suivi à l’orphelinat : le personnel sous un aspect « froid » est attaché aux enfants et apprécie de recevoir des nouvelles.
Les bonnes attitudes avec le personnel de l’orphelinat :
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Les dons en argent ou nature.
Il s’agit d’une pratique courante.
En règle générale, les adoptants font un don de 1000 euros (don qui peut être partagé
entre l’orphelinat et la tutelle -
Autres dons : demander au directeur de l’orphelinat quels sont ses besoins courants : couches, jouets, fruits… ; pour les médicaments : voir avec le médecin.
Préparer l’attente
Demander l’autorisation d’envoyer du courrier, des cartes ou des petits cadeaux à l’enfant pendant la période d’attente du jugement ; demander aussi à pouvoir téléphoner à l’orphelinat pour avoir des nouvelles de l’enfant (apprécié lors du jugement).
Demander également si vous pouvez laisser un appareil photo jetable afin que les nounous prennent des photos de l’enfant en attendant le jugement (surtout si cette période est longue).
Penser à laisser à l’enfant un petit album photos contenant des photos de vous et de vos proches.
Lorsque l’on « récupère » l’enfant après le jugement, penser à amener des vêtements pour l’habiller (les vêtements qu’il porte habituellement sont la propriété de l’orphelinat). Avant de vous rendre dans les magasins acheter des vêtements et des chaussures pour votre enfant, noter au préalable la taille des vêtements et des chaussures qu’il porte à l’orphelinat. Vous pouvez aussi prendre son empreinte de pied, en dessinant son contour sur une feuille un peu rigide. Il suffira de découper l’empreinte et de la glisser dans la chaussure pour vérifier qu’elle convient. Penser aussi aux bonnet, moufles, écharpe… par temps froid !